Restitutions
de la cité antique d'Orange
Cité antique
Ces vues antiques de la ville d’Orange sont des reconstitutions basées sur toute la documentation historique existante et sur les révélations consécutives aux campagnes de fouilles archéologiques. Elles donnent un aperçu de ce à quoi ressemblait la cité à la fin du 1er siècle avant notre ère et réintègrent un des monuments orangeois les plus connus, le Théâtre Antique, dans son milieu d’origine.
L'organisation de la cité romaine
Elles placent fidèlement le Théâtre Antique d’Orange et son grand temple accolé sur un plan précis et très élaboré à la romaine, organisé selon un cardo et un decumanus maximus disposés perpendiculairement comme dans toutes les cités. Ces deux édifices étaient partiellement adossés à la colline Saint-Eutrope, relief le plus proéminent du secteur offrant à la fois protection et vue sur le fleuve Rhône à l’Ouest ainsi que sur tout le pays jusqu’aux massifs d’Uchaux au Nord et du Mont Ventoux à l’Est. Constitué d’une roche sableuse friable, il garantissait une assise solide à moindre effort et permettait une économie substantielle de matériaux. Ces constructions appartenaient à un sanctuaire plus vaste affirmant la puissance de Rome et dédié aux dieux tutélaires de la cité et à la gloire de l’empereur.
Nous pouvons ainsi observer le théâtre romain dans son environnement d’origine quasi complet. Ici le velum est fermé, c’est cette grande voile de protection qui permettait de couvrir le théâtre et de prévenir des assauts brûlants du soleil sur les spectateurs. Un velum fermé correspond donc à une configuration de représentation. Il était activé par d’anciens marins formés aux techniques de hissage des voiles et maintenu par une ingénierie incroyable grâce à une série de cordages et de mâts sur tout le pourtour du théâtre, perchés à environ 30m du sol. Toute la machinerie du théâtre se concentrait ensuite dans les deux tours principales à l’Est et à l’Ouest, les parascenia et derrière le mur de scène, la scaenae frons. Comme tous les théâtres romains, sa construction était inspirée des théâtres grecs et visait à offrir une vue et une acoustique d’exception même pour les personnes du public les plus éloignées de la scène. Les romains allaient jusqu’à installer des vases en métal sur le mur de scène pour améliorer les caractéristiques de résonance sonore.
Le théâtre et son parvis
Sur le parvis du théâtre, on peut observer ici des sortes d’étals et de boutiques. Certaines mentions font cependant état d’épreuves d’athlétisme, sprint ou course à pied au même endroit, d’un bout à l’autre du mur de scène, ce qui pourrait signifier qu’il s’agissait de l’emplacement d’un gymnase servant à l’entraînement physique des jeunes hommes de la cité.
Le grand temple, entrée du sanctuaire des Dieux
Le temple accolé au Théâtre par l’Ouest est aussi appelé Grand Temple, parfois temple d’Apollon. Le plan en fer à cheval des vestiges retrouvés entourant ce grand temple à longtemps suscité des interrogations et fait se demander s’il ne s’agissait pas d’un cirque dans la ville – époque de Formigé, c’est-à-dire une place où pouvaient se dérouler des courses de char, entre autres évènements fabuleux dans l’imaginaire collectif. Plutôt que d’un cirque, il semblerait plus probable que ce grand temple soit constitutif d’un sanctuaire dédié aux dieux et à l’empereur, à l’endroit même où commencerait aussi la place du forum de la cité, lieu de tous les échanges commerciaux, avec peut-être des marchés comme le marché aux boeufs. C’est de nos jours un emplacement proche du musée d’histoire de la ville, les implantations ayant quelque peu évolué, de plus, à environ 1,50 mètre au-dessus du niveau de la ville romaine.
Le temple intermédiaire et le temple capitolin
Sur un premier niveau d’élévation de la colline et en arrière du grand temple ont été retrouvées les traces de l’emprise d’un petit temple et de son portique, relié au grand par un double escalier monumental dont il ne reste aujourd’hui que des marques au mur, remaniement moyennageux oblige, et au théâtre par une rampe de cortège, quant à elle toujours matérialisée et praticable. Les restes de ce petit temple sont en partie recouverts par un bâtiment technique d’époque moderne construit en travers, plus ou moins aligné à la rampe de cortège.
Ce petit temple devance une plateforme monumentale dont les contreforts massifs sont toujours visibles. Il est difficile d’être certain de savoir ce que supportait réellement cette plateforme mais les hypothèses les plus crédibles penchent pour un temple capitolin ou ensemble de temples capitolins, ou encore triade capitoline, alignés selon un axe nord-sud avec les autres temples déjà mentionnés. Vitruve, dans son fameux traité d’architecture, détaille précisément comment étaient construites et structurées des plateformes de la sorte qui servaient à rendre un terrain irrégulier plat, avec des contreforts extérieurs droits et des contreforts intérieurs en arc de cercle (cf. vidéo drone commandée par l’APOO), remplis de différentes strates de terre tassée pour assurer la solidité de l’ensemble.
Sanctuaire et temple capitolin
Il est probable que ces temples aient voué un culte à la triade Jupiter – Dieu des dieux, Junon – Fécondité et mariage et Minerve déesse de la guerre, tout en faisant la part belle à une espèce de Mercure gallo-romain, peut-être un Lugus Mercurius, dieu des Arts et des voyageurs, en témoigne un bronze de Mercure identifié comme originaire d’Orange figurant ces quatre divinités. Le tout servant la politique alors en vigueur de retour aux cultes anciens voulue par l’empereur, à sa gloire et à la gloire de Rome.
Si elle n’est pas explicitement matérialisée sur ces vues, il est évident que l’eau avait aussi une place centrale dans la cité, pour la consommation et les soins. En atteste la présence de portions d’aqueducs, de thermes, de bassins et de canalisations à différents endroits de la ville, notamment la portion d’aqueduc aux abords de la place du forum.